Vous vous souvenez peut-être de ce site, Don’t click it, que nous avions consulté lors d’un cours, où il s’agit de naviguer sans effectuer un seul clic, remplacé par le roll-over (ou survol) de la souris. Il permet de rappeler à quel point l’usage de la souris est devenu intuitif ; au point qu’appuyer sur le bouton est devenu un réflexe conditionné difficile à éviter.
Approfondissons notre réflexion sur la notion de curseur de la souris. Le curseur est la transposition de notre main dans l’interface du bureau virtuel. Il peut revêtir l’aspect de multiples outils virtualisés (flèche, crayon, pot de peinture, etc.) allant jusqu’à la représentation de notre main (main au doigt pointant sur un lien, etc.).
Ce site, Jaarvandekleuter, vous propose de retrouver l’usage d’une main dans l’écran. C’est assez bien fait mais ça permet de se rendre compte de la richesse du traditionnel curseur dont la polyvalence semble moins épuisable qu’un couteau suisse.
Lorsqu’un designer conçoit un objet, il le pense jusque dans sa perception tactile. Les effets de matière, de structure à manipuler sont autant de facettes de sa création. En multimédia, nous créons également des objets : que ce soit des menus à tirer, des boutons à enfoncer, des icônes à saisir, glisser, déposer, des zones à détourer, etc. Toutes ses manipulations sont transposée virtuellement mais leur sens est bien maintenu et nous avons réellement l’impression de saisir et déposer des icônes dans une fenêtre de dossier, de gommer, tourner, étirer des objets.
Pour autant, si nous avons réussi à symboliser, à « iconifier » avec précision ces manipulations, nous avons très peu d’exemple de travail sur le sens tactile ou la gestion de l’inertie. Pourtant nos bureaux virtuels que ce soit Windows, MacOS ou Linux rivalisent d’effets de volume, de plans, de lissage, de matières mais la manipulation reste toujours la même. Il pourrait pourtant être intéressant d’adjoindre la notion de toucher au design graphique et ergonomique d’un objet virtuel. La première application de ce genre de réflexion serait de permettre la représentation, via l’écran, d’objets réels. Plus loin, on pourrait concevoir une interface avec des particularités tactiles directement intégrées à l’ergonomie de son utilisation.
Cela consisterait à réfléchir au comportement du curseur de la souris lors du passage sur des zones (entrée et sortie, passage lent, rapide, autre ?) ou lors du clic sur le bouton (double-clic ? clic long ?). le curseur pourrait avoir un poids, être aimanté, avoir une force d’inertie, etc.
C’est ce que PowerCursor vous propose d’explorer en repertoriant sur cette page divers exemples de manipulations virtuelles, plus ou moins réussies. Pour les plus enthousiastes, les sources Flash de ces exemples sont téléchargeables librement sur la même page.
Et pourtant, tout ceci n’est pas nouveau. Ceux qui ont un peu de culture sur le jeu vidéo connaissent peut-être ces célèbres jeux que sont Marble Madness ou Spindizzy (autre source) qui, déjà il y à vingt-quatre ans, explorait la notion d’inertie virtuelle… mieux vaut tard que jamais pour se pencher sur la question (ou reconsidérer l’influence du jeu vidéo sur toute les pratiques du design lié aux nouvelles technologies).
Dans tous les cas, ce type de réflexion est au centre de l’apprentissage du multimédia (ou design multimédia, ou encore « design », tout court).